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        La prolifération des maladies et une dangerosité sur tous les fronts

 

 

 

 

Des vecteurs de maladies multiples et omniprésents dans le quotidien des soldats.

 

 

Les rats et les poux abondent avec la sédentarisation des soldats dans les tranchées françaises. Des rats de plus de 30 cm queue incomprise sont attirés par les restes des soldats. Ceux-ci, en plus d'irriter les soldats nuit et jour, portent des poux et des puces.

Le rat se fait ainsi le vecteur indirect de maladies telles la fièvre des tranchées ou le typhus, et transmet à l'homme des bactérie par son urine ou ses morsures comme les Leptospirose.


L’insalubrité des tranchées, particulièrement due à l’humidité froide et persistante, provoquaint une souffrance de plus pour le soldat. Passées l'odeur nauséabonde des excréments des soldats, restant le plus souvent inertes à cette manouervre (tout mouvement étant un danger d'exposition) et l'omniprésence de cadavres en décomposition, cette ambiance provoquait de terribles maladies. Celle du pied des tranchées, infection apparentée aux engelures qui dans les cas les plus graves pouvait causer la gangrène et nécessiter l’amputation, faisait évidemment parti du "lot", tant elle est caractéristique et témoigne de cette insalubrité.


Jacques Vandebeuque, combattant de la Bataille des Éparges (1915) témoigne de son quotidien:

 

«[...] je sens pourtant ces bêtes immondes qui me labourent le corps. Ils sont parfois quinze ou vingt sur chacun de nous et après avoir tout mangé, pain, beurre, chocolat, ils s’en prennent à nos vêtements. Impossible de dormir dans de telles conditions: cent fois chaque nuit, je me débats sous les couvertures et la frayeur que je leur cause par la brusque lumière d’une lampe électrique n’est que de courte durée. Instantanément, ils reviennent plus nombreux»
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Village de la commune des Éparges ravagé en 1915

 


Les maladies sexuellement transmissibles (MST) ont dans un moindre impact contribué à la propagation de divers maladies, notamment la Syphilis. De plus, le contact avec un corps étranger, comme les autres soldats, peut diffuser des maladies volatiles comme la fièvre des tranchées.

 

Notons que l'«arme biologique» c'est-à-dire la contamination par des agents biologiques d’êtres vivants ou de matériaux est un moyen de combattre l’ennemi par la maladie en s'interposant dans le quotidien des hommes au sein des tranchées. Elle n'est cependant utilisée que de façon anecdotique durant le conflit de 14-18 et ne se développera que vers 1927 au cours d'un programme d'armement biologique en Union soviétique.

 

 

 

 

Des maladies connues et parfois oubliées resurgissent des entrailles des tranchées, poussant le vice de l'hécatombe.

 

 

Les maladies circulaient dans les tranchées comme les rats, aggravant le quotidien des soldats. Ceux-ci, en plus d’être exclus et regroupés pour ne pas transmettre leur mal, agonisent.. Si l'affaiblissement physique et moral que la maladie provoque chez le touché ne le tue pas au feu de l'ennemi, elle aura vite fait de prendre sa vie, clouée au sol boueux de tranchées puantes.

Loin de pouvoir s'imaginer au début de la guerre que ce sera leur logis, ils vont ainsi subir des conditions d’existences abominables: l'hiver, la pluie, la neige, le gel qui vont faire de leur habitat une immense mare boueuse qui va notamment rendre les soldats malades.

 

Ici, nous allons développer les principales maladies qui circulaient dans les tranchées françaises; un inventaire de connaissances doit étre dréssé mais celui-ci n'est pas exhaustif. Si vous souhaitez aborder le sujet en profondeur, vous pouvez voir notre rubrique "bibliographie" et prendre connaissance des ouvrages et sites qui pourraient vous renseigner.

De nombreuses autres maladies ont proliféré et d'une maladie à une autre existe différents symptômes. Il est surtout intéressant de développer les symptômes «clichés» de ces maladies que les soldats redoutaient, et handicaps qu'elles constituaient pour ces personnes.

 

 

Le pied des tranchées et la gangrène.. une manifestation physique insoutenable.

 

Il n'était pas rare pour les poilus de passer un mois sans se déshabiller ni se déchausser, tout en maintenant l'impossibilité  de se laver (à la rigueur, ils se mouillaient dans une eau contaminée qui aggravait leur mal..)

Une maladie apparait, le pied de tranchées. Celui-ci est provoqué par une longue exposition des pieds dans la boue, et sachant que les soldats y baignaient par certains temps, ce mal se propagea tel de l'electricité dans l'eau).leurs pieds enflent, des abcès apparaissent, puis des plaies ouvertes ainsi qu'un mal inexprimable.

Sans pouvoir se soigner par manque de vétements (les vetmant envoyés par leur famille était soit volé, soit ne les protégeaent qu'un temps) la gangrène, nécrose des tissus, s’installe et c’est l’amputation.

 

 

 

La fièvre des tranchées

 

Cette maladie infectieuse se transmet par les poux, supportés par les rats (voir 1ère sous-partie).

Elle se caractérise par de violents maux de tête, rythmés de courts accès fébriles parfois très intenses, survenant brutalement. De plus, elle est accompagnée de vertiges et de douleurs musculaires.Ces accès se répètent tous les cinq jours, d'où l'autre nom «vulgarisé» de cette maladie, La Fièvre des cinq jours)

En plus de pouvoir durer plusieurs années, elle provoque souvent une éruption rouge, maculeuse ou papuleuse, et l'hypertrophie de la rate réduit l'immunité aux autres maladies du soldats. (splnoméglie)

 

 

Le scorbut, une carence dans la nourriture avérée.

 

Le scorbut est une maladie qui est due à une carence forte en vitamine C. Elle apparait lorsque le corps du soldat est en fort manque ou manque total de cette substance depuis plusieurs mois. Ainsi elle sévit dès 1915 jusqu'à la fin de la guerre.

La vitamine C permet de combattre les infections, cicatriser les plaies, et conférer au corps une résistance immunitaire et physique.

On comprend aisément qu'un manque de vitamine C affaiblit fortement le soldat, et surtout l'expose aux infections en le rendant vulnérable.

Les causes de cette carence sont le manque d'apport dans la nourriture; cela constitue la preuve que celle-ci était très insuffisante et, faut-il le dire, ignoble à manger. (les soldats appelaient leur viande "le singe", tellment l'aspect, le gout et les apports étaient peu ragoutants.)

 

 

La Syphilis

 

La syphilis est une maladie  infectieuse et contagieuse. Elle se transmet par rapport sexuel (MST) et de nombreux soldats en sont victimes. Lors de permissions, ils loue les services des prostitués ou violent de jeunes femmes porteuses de la maladie et en sont contaminés.

La syphilis est une maladie vénérienne, infectieuse et contagieuse. De nombreux soldats en sont victimes. Lors de permissions ceux-ci succombent aux charmes de prostituées et sont ainsi contaminés.

Au cours du conflit, la pharmacologie (étude des interactions entre les substances actives et l'organisme) en est encore à ses balbutiements et, avant la guerre, il n'existe qu'un seul médicament efficace contre la syphilis : le Salvarsan (le 606). Ce médicament, bien qu'encore au stade expérimental, est utilisé à grande échelle lors de la Grande Guerre pour lutter contre cette maladie et se développe ainsi (voir 2ème partie).

 

 

 

 

Des gaz toxiques nouveaux marquant l'avancée de souffrances inhumaines.

 

 

Nous avons affaire à une guerre totale: elle mobilise toute la société et ses moyens dans le but d'anéantir l'ennemi. Elle est organisée industriellement et scientifiquement. La recherche militaire cherche (au diable l'éthique) des avancées et innovations. Des complexes militaro-industriels sont construits. Des savants en laboratoires et usines pensent et créent de nouvelles armes dans le but de causer un maximum de dégâts, corporels ou psychiques. La science est une partenaire au service de la guerre. Une des principales armes chimiques employées (parmi les grenades) est le gaz de combat, pour lequel elle met en œuvre de nombreuses innovations mortelles.

 

 

Les gaz toxiques, utilisés dans les deux camps, auront fait 1 360 000 blessés en atteignant irrémédiablement les poumons, et tué 94 000 soldats lors de la Grande Guerre. L'initiateur de l'arme chimique fut l'état-major allemand qui cherchait des moyens pour faire sortir les soldats ennemis de leurs tranchées en les faisant suffoquer, asphyxier, c'est-à-dire en les empoisonnant, pour reprendre une guerre de mouvement. C'est Fritz Haber qui organisa en personne la première attaque le 22 avril 1915 au chlore, lors de la bataille d'Ypres: 6 000 bouteilles d'acier ouvertes sur place libèrent 168 tonnes de chlore sous forme de nuage dérivant sur les lignes alliées. L'attaque fit environ 10 000 victimes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                     Attaque au gaz toxique lors de la bataille de Verdun (Meuse) en 1916

 

 

Le gaz le plus connu et sans doute le plus efficace dans l’horreur, fut le gaz moutarde employé par les Allemands en juillet 1917, près de Ypres, d’où son nom donné par les Français « l’ypérite ». C’est un liquide huileux jaune avec une odeur d’ail ou de moutarde, c’est le sulfure 22’ – dichloroéthyle (C4H8Cl2S). Il est dispersé volatilement lors de l’explosion de l’obus qui le contient. Les Allemands l'appellaient le LOST. Ce sont deux chimistes français, A. Job et G. Bertrand, qui ont poposé une nouvelle synthèse de l’éthylène dans le chlorure de soufre qui donnait un procédé trente fois plus rapide que le procédé Bayer. On dit que cette découverte française fut essentielle dans la victoire de la deuxième bataille de la Marne en 1918, soulignant l'importance de l'arme chimique durant cette guerre.

Ce gaz par contact couvre de cloques très douloureuses la peau des victimes, les yeux sont irrités, les paupières enflammées se ferment et rendent momentanément aveugle. Aussi des hémorragies internes et externes détruisent les poumons; les patients mettent 4 à 5 semaines à décéder d’un œdème du poumon. Bien que produit en plus faible quantité de fin 1917 à fin 1918, c’est sur le front ouest qu’il il causa le plus de pertes, près de 15% des pertes totales. Le gaz moutarde n’avait pas besoin d’être inhalé, il se déposait partout et pouvait subsister durant plusieurs semaines en surface. Ainsi, un simple contact avec la peau empoisonnait directement les soldats: une catastrophe biologique de plus !

 

 

Près de 200 tonnes d’ypérite furent produites en un peu plus d’un an et ce gaz devint une arme standardisée lorsque le rythme de production des Alliés dépassa largement celui des Allemands.

 

Si les gaz toxiques n’ont pas été utilisés lors de la Seconde Guerre mondiale, cela n’a pas empêché les nations de les fabriquer en les stockant « au cas où ». Le gaz moutarde était privilégié, car plus destructeur. On estime qu’entre le Royaume-Uni, l’URSS, les États-Unis, l’Allemagne et la France, les stocks approchaient les 210 000 tonnes au total.

 

 

 

 

 

 

 

 

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